Il faudrait être aussi rapide que l'image.

La photographie reste une ambiguïté pour moi. Elle a un rapport complexe avec le temps, avec l'espace. Par rapport aux autres arts, elle s'élabore à rebours.
La photographie commence par la fin. La prise de vue est la matière à son état d'achèvement (meurtre). Il faut en déconstruire l'image. C'est dans cette déconstruction que le travail prend son sens. E
lle est faite de ruptures de temps, rupture de lieux.

Rupture de temps : J'arrête le cours de l'histoire. Je suspens un temps

Rupture de lieu : Je travaille ma matière ailleurs que là où je l'ai prise. Je l'emmène ailleurs pour trouver ce que j'ai perçu.

Une image est un parcours. Sa matière première est impatiente. J'appuie sur le bouton mais je ne sais pas ce que je capte, peut être une idée... Juste la plus infime part d'un discours toujours en devenir.

Une image est une confidence. Je fais des clichés. Parmi ceux-ci, je n'en retiendrais pourtant que quelques uns pour contenir d'évidence une part de ce qui me raisonne.


Je marche derrière mon appareil photo. Il est bien plus efficace pour prendre ce que je ne pourrai jamais voir par moi même. Il fait un portrait en nu là où je n'ai aucun mot pour me découvrir.

Coïncidence la photo est née en même temps que les premières approches de l'inconscience.

Jean Pierre Maillet - Lyon
mailletjp@yahoo.fr
06.81.94.48.94

Une photo est la fraction d'un temps qu'on ne capture qu'aveugle.

La science, la raison comme la vérité sont a la source de tous les abus.

Une photo est si proche de l'instant qu'elle ne peut être qu'un mensonge...

Je vole, je mens, je manipule, je trafique... je fais de l'image.

Une photo est une part importante de l'inconscient de son auteur.

De ce qu'on nomme souvent "impression" je cherche les clichés.

Il n' y aurait d'art que conscient.

Dans le jeu des ruptures, des fractures, je pioche ce qui m'échappe.